Les intérêts d’un crédit contracté pour acheter, conserver ou rénover un logement loué peuvent réduire votre revenu imposable. Cette déduction concerne surtout la location nue au régime réel et la location meublée au régime réel. Elle ne s’applique pas à votre résidence principale et dépend du lien direct entre le prêt et le bien mis en location.
Pour déduire les intérêts d’emprunt immobilier locatif sans erreur, conservez le tableau d’amortissement, les attestations annuelles de la banque et les justificatifs des frais de prêt. Il faut déclarer les sommes réellement payées pendant l’année, intérêts et frais admis, puis choisir le bon régime fiscal.
Vérifiez chaque justificatif avant votre déclaration ↓
Ce que vous devez savoir sur les déductions fiscales pour les immeubles locatifs
La déduction des intérêts s’inscrit dans l’ensemble des charges de votre location. En location nue, elle concerne les revenus fonciers déclarés au régime réel. Au micro-foncier, l’abattement forfaitaire de 30 % remplace la déduction des dépenses réelles : vous ne pouvez donc pas isoler les intérêts de votre prêt.
En location meublée, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Les intérêts d’emprunt sont pris en compte au régime réel, avec les autres charges du logement. Pour estimer l’effet de ce choix sur votre projet, comparez aussi le rendement d’un meublé avant de signer le financement.
Peut-on déduire les intérêts hypothécaires ?
Oui, si l’emprunt finance un bien destiné à la location ou des dépenses liées à ce bien. En France, il ne s’agit pas nécessairement d’une hypothèque : les intérêts d’un prêt bancaire classique, d’un prêt travaux ou d’un prêt destiné à racheter un crédit locatif peuvent être admis lorsqu’ils se rattachent clairement à l’activité de location.
La part du prêt utilisée à titre personnel reste exclue. Si un même financement couvre un logement loué et une dépense privée, il faut ventiler les intérêts selon l’usage réel et pouvoir le justifier. Un prêt souscrit pour une résidence principale ne devient pas déductible parce que vous louez ensuite une chambre de façon ponctuelle.
Peut-on déduire les impôts fonciers ?
La taxe foncière payée par le propriétaire fait partie des charges déductibles au régime réel, sous réserve des sommes récupérables auprès du locataire. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, par exemple, est en principe récupérable : elle ne doit pas être déduite si le locataire l’a remboursée.
Les intérêts d’emprunt et la taxe foncière ne sont pas plafonnés au montant des loyers encaissés. Ils peuvent contribuer à créer un déficit foncier. La fraction du déficit issue des intérêts d’emprunt ne s’impute toutefois pas sur le revenu global : elle est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Peut-on avoir des réductions d’impôts en effectuant des réparations dans le bien ?
Les dépenses d’entretien, de réparation et d’amélioration d’un logement loué nu sont généralement déductibles des revenus fonciers au régime réel. Réparer une toiture, remettre l’électricité aux normes ou remplacer une chaudière défaillante entre dans cette logique lorsqu’il s’agit de maintenir ou d’améliorer le bien sans en changer la structure.
Les dépenses de construction, reconstruction ou agrandissement ne sont pas déductibles immédiatement des revenus fonciers. Créer une pièce supplémentaire, surélever la maison ou transformer lourdement un immeuble relève d’un autre traitement. Consultez le détail des dépenses déductibles d’impôt foncier avant de lancer le chantier.
Les travaux doivent être payés par le propriétaire et justifiés par des factures. Les dépenses refacturées au locataire ou couvertes par une indemnité d’assurance ne peuvent pas être déduites une seconde fois. Pour éviter une mauvaise qualification, vérifiez aussi les travaux non déductibles avant votre déclaration.
Quels frais de crédit sont déductibles avec les intérêts ?
La charge déductible ne se limite pas au taux du prêt. En location nue au réel, vous pouvez généralement retenir les intérêts payés, l’assurance emprunteur, les frais de dossier, les commissions bancaires, les frais de garantie et les frais de mainlevée liés au prêt. Les pénalités de remboursement anticipé peuvent aussi être admises lorsqu’elles concernent un emprunt affecté au bien loué.
Le capital remboursé chaque mois n’est jamais une charge déductible. Sur une échéance de 900 €, seuls la part d’intérêts, l’assurance et les frais éligibles comptent ; la part qui rembourse le capital reste sans effet direct sur le revenu foncier. Le tableau d’amortissement permet de séparer ces montants sans approximation.
Si le logement est vacant entre deux locataires, les intérêts peuvent rester déductibles lorsque vous prouvez votre intention de louer : annonces, mandat d’agence, échanges avec des candidats ou travaux nécessaires à la remise en location. Une vacance choisie pour votre usage personnel fait perdre ce lien avec la location.
La meilleure méthode pour déduire les intérêts d’emprunt immobilier
Commencez par relever sur l’attestation bancaire le montant des intérêts et de l’assurance effectivement réglés du 1er janvier au 31 décembre. Le contrat de prêt donne une estimation, mais l’attestation annuelle et les relevés de compte constituent des justificatifs plus fiables en cas de contrôle.
En location nue au régime réel, reportez les intérêts et frais d’emprunt dans la rubrique dédiée de la déclaration des revenus fonciers. Ajoutez séparément les autres charges : taxe foncière non récupérée, assurance propriétaire, frais de gestion et travaux éligibles. Un suivi clair de ces postes aide à comparer votre résultat avec les charges locatives déductibles.
En location meublée au réel, les intérêts sont enregistrés dans votre comptabilité BIC, avec les loyers et les autres dépenses. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire et ne permet pas de déduire chaque échéance de prêt. Le régime adapté dépend donc du niveau de vos charges, de vos recettes et de votre situation ; les règles fiscales du meublé méritent une comparaison chiffrée.
Classez les justificatifs pendant au moins le délai de contrôle applicable : offre de prêt, tableaux d’amortissement, attestations d’assurance, factures de garantie et relevés bancaires. En cas de refinancement, gardez aussi le document qui prouve l’affectation du nouveau prêt au bien locatif.

- Vérifier que le prêt finance un bien mis en location
- Choisir le régime réel adapté à votre location
- Relever les intérêts payés du 1er janvier au 31 décembre
- Séparer le capital remboursé des intérêts et frais admis
- Ajouter l’assurance emprunteur et les frais de prêt éligibles
- Exclure les dépenses personnelles et charges récupérées
- Conserver attestations bancaires, tableaux d’amortissement et factures
- Déclarer tous les loyers avant déduction des charges
Les 3 principales erreurs commises en déduisant les intérêts sur les prêts
Trois erreurs reviennent souvent lors de la déclaration des intérêts d’emprunt d’un crédit immobilier locatif :
- Déduire le capital remboursé au lieu des seuls intérêts et frais admis.
- Choisir le micro-foncier ou le micro-BIC tout en tentant de déclarer les charges réelles.
- Oublier une partie des loyers encaissés ou les remboursements de charges reçus du locataire.
Une autre confusion fréquente concerne la résidence principale. Les intérêts d’un prêt immobilier ne procurent pas, en règle générale, de déduction sur l’impôt sur le revenu pour un logement occupé par son propriétaire. La déduction devient envisageable lorsque l’emprunt est affecté à un bien donné en location et déclaré dans le régime fiscal correspondant.
Évitez aussi de déclarer un montant global sans vérifier les sommes réellement versées dans l’année. Une mensualité comprend du capital, des intérêts et parfois une assurance ; seule la part admise doit être retenue. Les frais réglés une seule fois, comme la garantie ou le dossier, doivent être rapprochés de leur date de paiement.
Enfin, un déficit foncier ne dispense jamais de déclarer les loyers. Les recettes brutes, les provisions de charges et les régularisations doivent figurer dans la déclaration avant déduction des charges. Si votre situation combine location nue, location meublée, indivision ou refinancement, l’avis d’un professionnel permet de sécuriser le calcul.
Déduire les intérêts d’emprunt immobilier locatif : ce qu’il faut retenir
Les intérêts et frais d’un prêt affecté à un bien loué sont déductibles au régime réel, à condition d’être payés, justifiés et correctement rattachés au logement. Le capital remboursé, les dépenses personnelles et les charges déjà récupérées auprès du locataire restent exclus.
Avant de déclarer, vérifiez votre régime fiscal, votre tableau d’amortissement et le traitement de chaque dépense. Cette préparation évite de sous-estimer les charges déductibles comme de créer un déficit mal calculé.